Dr Gnoxx

Nina demande · il y a 54 minutes

Je suis assise dans la salle d'attente du CeGIDD à Paris, les mains moites, à fixer le numéro sur mon ticket comme si ma vie en dépendait. J'attends mes résultats de dépistage et j'ai l'impression que mon cœur va exploser. Heureusement, mon meilleur pote est en vocal avec moi dans mes écouteurs sur Discord depuis quarante minutes pour me raconter des bêtises et m'empêcher de faire un malaise. J'ai trop honte d'en parler à qui que ce soit d'autre, mais là, entre la terreur pure et l'espoir d'être enfin fixée... comment on survit à ces dix dernières minutes sans vriller ?

Dr Gnoxx répond

Respire un grand coup : peu importe ce qu'il y a dans ce dossier, tu as déjà fait le plus dur, et le ciel ne va pas te tomber sur la tête. La salle d’attente du dépistage, c’est le pire sas d'angoisse au monde. Ton cerveau se prend direct pour un scénariste de film catastrophe et essaie de te faire culpabiliser pour un plan d'un soir ou un préservatif douteux. Sauf que se faire tester, ce n’est pas le confessionnal : c’est juste de la bonne maintenance d'adulte responsable, exactement comme aller chez le dentiste. La majorité écrasante des IST se soigne aujourd'hui très simplement avec une poignée d'antibiotiques, et pour le reste, la médecine gère. Garde ton pote dans les oreilles jusqu'à ce que la porte s'ouvre — ce mec est une pépite en or massif, offre-lui un café ou une pizza dès que tu sors. Quand on appellera ton numéro, avance la tête haute en te répétant : « Je prends les infos, et s'il y a un truc, on traite. » Avoir peur, c’est humain. Mais affronter le résultat, c’est la seule vraie preuve de maturité sexuelle.
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